Se reconstruire après la violence

Quitter une situation de violence ou en parler pour la première fois ne signifie pas que tout va mieux immédiatement.
Se reconstruire prend du temps. Il n’y a pas de “bonne façon” de guérir, pas de délai à respecter.
L’important est de ne plus être seul(e) et de savoir que des soutiens existent.

Le temps de sécurité

Avant toute reconstruction, il faut retrouver un endroit où l’on se sent en sécurité, physiquement et mentalement.

✔ Être loin de la personne violente (physiquement ou par ordonnance d’éloignement)
✔ Dormir, se reposer, manger, reprendre un rythme normal
✔ Retrouver un environnement où personne ne fait peur

Cela peut prendre quelques jours, semaines ou mois — c’est normal.

Le corps et les émotions après la violence

Beaucoup de personnes ressentent :

  • Fatigue, stress, crises d’angoisse, cauchemars
  • Culpabilité, honte, confusion, colère
  • Difficulté à faire confiance aux autres ou à leur propre jugement

Tout cela est une réaction normale à un événement anormal.

Demander de l’aide : ce n’est pas être faible

Parler à quelqu’un aide à remettre de l’ordre dans ce qui s’est passé :

Type d’aide À quoi ça sert ? Où les trouver ?
Psychologues / thérapeutes Accueillir la parole sans jugement, comprendre ce qu’on ressent, avancer à son rythme. Centres d’aide, services sociaux (Lishkat Revaha), associations locales, privé.
Groupes de parole / soutien entre victimes Rompre l’isolement, partager des expériences, sentir qu’on n’est pas seul·e. Associations, centres (Beit Lin / Hadar), ONG locales.
Thérapies spécialisées (EMDR, trauma) Travailler les souvenirs intrusifs, les crises d’angoisse, le stress post-traumatique. Psychologues formés au trauma, centres spécialisés.

Se reconstruire, étape par étape

✔ Reprendre le contrôle sur son quotidien (argent, logement, emploi, études…)
✔ Réapprendre à faire confiance à son corps et à ses envies
✔ Se reconnecter à des choses simples : marcher, musique, créer, rire
✔ Réapprendre à dire « non », mais aussi à se permettre de dire « oui »

Ce qu’il faut retenir :

❌ À oublier ✅ À retenir
« Je devrais aller mieux, c’est fini. » La guérison n’a pas de délai ni de forme parfaite.
« C’est ma faute, j’aurais dû… » La violence est toujours la responsabilité de l’auteur.
« Je dois tout faire seule. » Demander de l’aide est un acte de force, pas de faiblesse.
« Ce que je ressens est anormal. » Tes émotions sont logiques face à ce que tu as vécu.