Harcèlement : comprendre, réagir, se protéger
Le harcèlement peut prendre différentes formes : moqueries répétées, humiliations, pressions psychologiques, gestes à caractère sexuel, propos blessants…Il peut survenir à l’école, dans la rue, sur internet ou au travail.
Cette page vous aide à reconnaître ces situations et à savoir vers qui se tourner.

Qu’est ce que le harcèlement ?
Le harcèlement sexuel (הטרדה מינית, hatrada minit) est une forme de violence sexuelle : des paroles, des demandes, des contenus ou des contacts à caractère sexuel sans ton consentement.
Il n’y a pas besoin de contact physique : des remarques répétées, des « blagues », des images suffisent.
En Israël, la Loi sur la prévention du harcèlement sexuel (החוק למניעת הטרדה מינית, התשנ »ח-1998) l’interdit partout — au travail, dans la rue, en ligne. C’est un délit pénal et une faute civile : tu peux porter plainte et demander des indemnités.
Femmes et hommes sont concernés, y compris quand l’auteur·e est du même sexe.
La définition
Le harcèlement sexuel comprend des comportements à caractère sexuel imposés à une personne contre sa volonté : contact non désiré, propos ou questions sur sa sexualité ou son genre de façon non désirée, répétée, dégradante ou humiliante, diffusion d’images ou de vidéos sans consentement, et plus encore. C’est une atteinte à la dignité, à la liberté, à la vie privée et au droit à l’égalité.
Un harcèlement — même unique — peut être un événement traumatique, avec des conséquences à court et à long terme, comme toute autre atteinte sexuelle.
Les six comportements interdits par la loi
- Le chantage sous menaces (סחיטה באיומים, schita be-iyoumim) pour obtenir un acte à caractère sexuel (« si tu refuses, tu es licenciée ») — également réprimé par le Code pénal (חוק העונשין, התשל »ז-1977).
- Les actes indécents (מעשה מגונה, maassé megouné) : attouchements, baiser imposé, geste obscène — également réprimés par le Code pénal.
- Les propositions répétées à caractère sexuel (הצעות חוזרות בעלות אופי מיני), après que la personne a montré son refus.
- Les remarques répétées centrées sur la sexualité (התייחסויות חוזרות בעלות אופי מיני) : questions intimes, récits sexuels, blagues obscènes, contenus pornographiques montrés ou envoyés.
- Les propos dégradants ou humiliants liés au sexe, à la sexualité ou à l’orientation sexuelle (התייחסות מבזה או משפילה) — même dits « en général », sans viser quelqu’un en particulier.
- La diffusion d’une photo, d’une vidéo ou d’un enregistrement à caractère sexuel sans consentement (פרסום תצלום, סרט או הקלטה ללא הסכמה) — y compris par celui ou celle qui ne fait que transférer le contenu.
La loi interdit aussi les représailles (התנכלות, hitnaklout) : punir ou maltraiter quelqu’un à cause d’un refus, d’une plainte ou d’une action en justice.
Les tribunaux ont reconnu une forme supplémentaire : le harcèlement d’ambiance (הטרדה מינית סביבתית) — des gestes et propos sexuels explicites qui créent un environnement hostile et pesant, même sans viser une personne précise.
« Je ne suis pas sûre que ce que j’ai vécu soit du harcèlement »
Parfois, quelque chose « sonne faux », une limite a été franchie, mais on n’arrive pas à mettre un mot dessus. Important : toute transgression mérite d’être prise au sérieux, qu’elle corresponde ou non à la définition légale. Les centres d’aide (1202 femmes · 1203 hommes) peuvent t’aider, gratuitement et anonymement, à comprendre si ta situation relève de la loi.
Le harcèlement sexuel au travail : ce que dit le droit
La loi israélienne est plus stricte quand le harcèlement a lieu au travail, parce que les relations de travail sont des relations de pouvoir : on dépend de son emploi pour vivre.
Ton employeur a des obligations précises : prévenir, informer, nommer un·e responsable (ממונה, memouna), traiter chaque plainte. S’il ne le fait pas, il engage sa responsabilité.
Avec un supérieur hiérarchique (יחסי מרות, yahassei marout), la protection est renforcée : pas besoin d’avoir dit non pour que ce soit du harcèlement.
Pourquoi la loi protège spécialement au travail
Les relations de travail ne sont pas égalitaires : l’employeur a plus de pouvoir, car les salarié·e·s dépendent de leur emploi pour leur revenu et leur avenir professionnel. C’est pourquoi le harcèlement est particulièrement fréquent au travail — et pourquoi la loi y impose des règles renforcées.
Le « cadre du travail » est large : le lieu de travail lui-même, mais aussi tout endroit où se déroule une activité de l’employeur (séminaire, trajet organisé, fête d’entreprise, soirée liée au travail) et toute situation où une relation d’autorité est exploitée — où que ce soit.
La relation d’autorité (יחסי מרות) : une protection renforcée
Quand il existe une relation d’autorité — un supérieur envers une personne qui lui est subordonnée —, les propositions ou remarques sexuelles sont du harcèlement dès la première fois et même si la victime n’a pas montré son refus. La loi exige d’un supérieur qu’il s’abstienne totalement de toute proposition ou allusion sexuelle envers ses subordonné·e·s.
Dans les autres situations, « montrer son refus » peut passer par des mots ou par un comportement clair : quitter la pièce, tourner le dos, demander d’arrêter.
Les obligations de ton employeur
Elles sont fixées par la loi et par le Règlement sur les obligations de l’employeur (תקנות למניעת הטרדה מינית (חובות מעסיק), התשנ »ח-1998) :
- Nommer un·e responsable de la prévention du harcèlement sexuel (ממונה / אחראית למניעת הטרדה מינית) et informer tous les salariés de son nom et de ses coordonnées. Dans les très petites entreprises (moins de 10 salariés), l’employeur peut être lui-même le responsable.
- Afficher ou distribuer un règlement interne (תקנון, takanon) rappelant l’interdiction du harcèlement et les recours.
- Examiner chaque cas porté à sa connaissance — même sans plainte formelle, même si la plainte a été retirée, même si une plainte à la police ou une action en justice est en cours en parallèle. Cela vaut aussi pour les salarié·e·s d’agences d’intérim.
- Protéger la personne plaignante et les témoins pendant l’enquête (par exemple en éloignant la personne mise en cause), et décider par écrit à l’issue du rapport du/de la responsable. La personne plaignante a le droit de consulter le rapport.
- Ne jamais discriminer ni exercer de représailles : la Loi sur l’égalité des chances au travail (חוק שוויון ההזדמנויות בעבודה, התשמ »ח-1988) interdit de défavoriser quelqu’un — embauche, conditions de travail, promotion, formation, licenciement — parce qu’il ou elle a subi un harcèlement, s’est plaint·e, a témoigné ou a aidé une victime. Les représailles (התנכלות) sont un délit pénal.
Un employeur qui ne respecte pas ces obligations s’expose à une action en justice des salarié·e·s concerné·e·s ainsi qu’à des amendes et poursuites de l’administration du travail.
Vos droits : que pouvez-vous faire ?
Plusieurs voies existent et elles peuvent être cumulées. Tu choisis celle(s) qui te conviennent, à ton rythme.
À chaque étape, les centres d’aide t’accompagnent gratuitement : 1202 (femmes) · 1203 (hommes).
La loi te protège : toute représaille (התנכלות) contre toi, tes témoins ou ceux qui t’aident est un délit.
1. La plainte interne (תלונה), auprès du ou de la responsable
Tu peux déposer plainte auprès du ou de la responsable (ממונה) de ton lieu de travail — ou de ton agence d’intérim. Le ou la responsable mène une enquête, remet un rapport avec ses recommandations, et l’employeur décide — il doit t’informer par écrit et te permettre de consulter le rapport. Un accompagnement gratuit des centres d’aide est possible pendant tout le processus.
2. La plainte à la police (procédure pénale)
- Le harcèlement sexuel est un délit pénal puni de prison, avec des peines aggravées si l’auteur a en plus exercé des représailles, en cas de diffusion d’images intimes, de chantage sexuel (סחיטה באיומים) ou d’acte indécent (מעשה מגונה).
- La police enquête puis transmet au parquet, qui décide de la mise en accusation. Tu peux demander à être entendu·e par un enquêteur ou une enquêtrice du sexe de ton choix.
- Le tribunal peut prononcer une peine de prison et une indemnisation en ta faveur. Les centres d’aide offrent un accompagnement gratuit avant et pendant toute la procédure.
3. L’action en indemnisation (פיצויים — procédure civile)
- Tu peux demander des indemnités contre l’auteur — et, si les faits ont eu lieu au travail, la demande se fait devant le tribunal du travail (בית הדין לעבודה), qui peut accorder une indemnisation sans que tu aies à prouver un préjudice, dans la limite d’un plafond fixé par la loi (doublé si le harcèlement était motivé par le racisme ou l’hostilité envers un groupe) — et davantage pour des préjudices prouvés (jours de travail perdus, atteintes psychologiques, frais).
- Si ton employeur n’a pas respecté ses obligations (plainte mal traitée, représailles), tu peux aussi poursuivre l’entreprise.
- Frais de greffe réduits pour ce type d’action. Si l’auteur a déjà été condamné au pénal, pas besoin de prouver à nouveau les faits.
4. La Sécurité sociale (ביטוח לאומי, Bitouah Leoumi)
Le harcèlement peut être reconnu comme accident du travail (פגיעה בעבודה). Si tu ne peux plus travailler à cause de l’atteinte : indemnités journalières (דמי פגיעה, dmei pguia) pendant 13 semaines au maximum, dans la limite d’un plafond journalier actualisé chaque année, et allocation d’invalidité (קצבת נכות) en cas de séquelles durables. Les centres d’aide accompagnent gratuitement ces démarches.
5. Démissionner sans perdre ses droits
Si tu démissionnes à cause d’un harcèlement sexuel, tu as droit aux indemnités de licenciement (פיצויי פיטורים, pitsouyei pitourim) — à condition d’avoir au moins un an d’ancienneté et d’avoir d’abord alerté l’employeur pour lui permettre d’agir.
6. Les voies alternatives
À côté des procédures officielles, il existe d’autres chemins : médiation (גישור, guishour), négociation, justice restaurative (צדק מאחה, tsedek me’ahé) ou processus communautaires. Les centres d’aide peuvent t’informer sur ces options.
7. L’aide juridique (סיוע משפטי)
- Aide juridique gratuite du ministère de la Justice pour les personnes à faibles revenus : 1-700-70-60-44.
- Le Réseau des femmes d’Israël (שדולת הנשים, Shdoulat HaNashim) propose conseil et représentation à tarif réduit pour les femmes harcelées au travail.
- Il est recommandé de consulter un·e avocat·e avant de déposer une action en justice.
Lexique : Des termes simples en français / hébreu / phonétique pour vous aider à communiquer
| Français | Hébreu | Phonétique |
|---|---|---|
| Harcèlement sexuel | הטרדה מינית | Hatrada minit |
| Représailles | התנכלות | Hitnaklout |
| Responsable prévention harcèlement | ממונה / אחראית למניעת הטרדה מינית | Memouna / Ahra’it |
| Règlement interne | תקנון | Takanon |
| Relation d’autorité (hiérarchique) | יחסי מרות | Yahassei marout |
| Tribunal du travail | בית הדין לעבודה | Beit HaDin La-Avoda |
| Plainte | תלונה | Tlouna |
| Indemnités / dommages-intérêts | פיצויים | Pitsouyim |
| Indemnités de licenciement | פיצויי פיטורים | Pitsouyei pitourim |
| Acte indécent | מעשה מגונה | Maassé megouné |
| Chantage (sous menaces) | סחיטה באיומים | Schita be-iyoumim |
| Accident du travail | פגיעה בעבודה | Pguia ba-avoda |
| Indemnités journalières (Séc. soc.) | דמי פגיעה | Dmei pguia |
| Médiation | גישור | Guishour |
| Justice restaurative | צדק מאחה | Tsedek me’ahé |
Information : qui contacter ?
Sur ton lieu de travail : le ou la responsable de la prévention du harcèlement sexuel (ממונה) — obligatoire dans chaque entreprise.
Centres d’aide aux victimes de violences sexuelles (gratuit, anonyme) : 1202 (femmes) · 1203 (hommes) · WhatsApp 052-8361202 · chat anonyme : 1202kolmila.org.il
Public religieux : *2511 (femmes) · 02-5328000 (hommes). En arabe : 04-6566813 · chat : chatwavo.org
Réseau des femmes d’Israël (שדולת הנשים) — femmes harcelées au travail : 03-6120000 · 03-3731200 (secteur orthodoxe) · 03-7797372 (en arabe)
Naamat (נעמת) — consultation juridique pour les femmes au travail : 050-2030887 · WIZO (ויצו) — droits des femmes au travail : 03-6923825
Aide juridique gratui

