Protection des enfants

Les enfants et les adolescents peuvent être victimes de violences, de harcèlement — ou témoins de scènes qui les dépassent. Souvent, ils n’osent pas en parler : par peur, par honte, ou parce qu’ils ne trouvent pas les mots.

Cette page vous guide pas à pas : reconnaître, écouter, protéger — que vous soyez parent, proche ou éducateur·trice.

En Israël, un enfant qui parle n’affronte jamais la suite tout seul : la loi a construit tout un dispositif autour de lui.

Les bénévoles francophones d’E.V.A. peuvent vous accompagner, en toute confidentialité.

Urgence : 100 — Police · Écoute immédiate : 1202 (femmes) · 1203 (hommes), 24h/24Urgence : 100 — Police · Écoute immédiate : 1202 (femmes) · 1203 (hommes), 24h/24

 « Il faut que je te dise quelque chose… » : accueillir la parole d’un enfant

Quand un enfant parle, tout se joue dans les premières minutes. Pas besoin d’être parfait·e — trois choses suffisent : rester calme, croire, remercier.

« Tu as bien fait de me le dire. Ce n’est pas ta faute. Je vais t’aider. »

✔ Dire ✘ Éviter
« Tu as bien fait de me le dire. » « Pourquoi tu ne l’as pas dit avant ? »
« Ce n’est pas ta faute. » « Qu’est-ce que tu faisais là-bas ? »
« Je vais t’aider. On va faire ça ensemble. » « Je ne le dirai à personne, promis. »

Pas de mots, mais des signes

La plupart des enfants ne racontent pas avec des mots. Ils « racontent » avec leur corps et leur comportement.

Un changement net et durable mérite toujours attention — sans conclure trop vite, sans interroger l’enfant comme un détective.

En cas de doute : le 118 ou les bénévoles d’E.V.A. peuvent vous aider à y voir plus clair, sans engager de démarche.

Des signes qui, surtout combinés et durables, doivent alerter :

  • changement brutal de comportement : repli, agressivité, chute scolaire, pleurs sans raison apparente ;
  • troubles du sommeil, cauchemars, retour du pipi au lit, plaintes physiques répétées (ventre, tête) ;
  • peur ou évitement soudain d’une personne ou d’un lieu précis ;
  • comportements ou connaissances sexuelles qui ne correspondent pas à l’âge ;
  • chez les ados : isolement, automutilation, conduites à risque, abandon des activités aimées.

Aucun de ces signes ne « prouve » quoi que ce soit isolément. Ils invitent à ouvrir doucement la porte (« je vois que quelque chose est difficile en ce moment… je suis là ») — et à demander conseil à un professionnel.

Harcelé·e à l’école ? Ce ne sont pas « des histoires d’enfants »

Insultes répétées, moqueries, coups, mise à l’écart — à l’école, dans les transports, dans un groupe. Ce n’est pas « pour rire », et ce n’est pas à l’enfant de s’en sortir seul.

En Israël, l’école a l’obligation d’agir : les directives du ministère de l’Éducation imposent aux établissements de traiter chaque situation de violence ou de harcèlement.

Besoin d’aide pour écrire à l’école en hébreu ? Les bénévoles d’E.V.A. sont là.

  • Parler à l’école : professeur principal, conseiller·ère scolaire (יועץ/ת), psychologue scolaire, direction. Demander ce qui sera mis en place, et un suivi.
  • Les directives du ministère de l’Éducation (חוזרי מנכ »ל) encadrent la réponse des écoles à la violence et au harcèlement : l’établissement doit protéger l’élève, traiter l’événement et informer les parents. Ne pas hésiter à les mentionner si l’école minimise.
  • Garder une trace écrite des signalements à l’école (mail plutôt qu’appel), noter les dates et les faits.
  • Si la violence est grave (coups, menaces, extorsion) : elle peut aussi relever de la police (100) — le harcèlement scolaire n’exclut pas le droit pénal.
  • Et si votre enfant est auteur ? Agir tôt le protège aussi : l’école et les services éducatifs peuvent accompagner, sans dramatiser ni banaliser.

Sur les écrans : le cyberharcèlement

Messages humiliants, menaces, faux comptes, photos intimes diffusées : la violence en ligne est réelle — et il existe un numéro national dédié, le 105.

Trois réflexes : garder les preuves, ne pas répondre, bloquer et signaler.

Ce n’est pas la faute de l’enfant — même s’il a lui-même envoyé une photo au départ.

  • Le 105 (מוקד 105) — centre national pour la protection des enfants en ligne : policiers, travailleurs sociaux et spécialistes ensemble. Il peut faire retirer des contenus, identifier les auteurs et orienter l’enfant vers de l’aide. Un enfant ou un ado peut appeler lui-même.
  • Garder les preuves : captures d’écran, messages, adresses des profils — avant blocage.
  • Ne pas répondre au harceleur, bloquer et signaler sur la plateforme (WhatsApp, Instagram, TikTok, Snap…).
  • Diffusion d’images intimes : c’est une infraction — y compris entre mineurs, y compris par simple transfert. La diffusion d’une image à caractère sexuel sans consentement relève de la loi contre le harcèlement sexuel ; le 105 et le 1202/1203 accompagnent ces situations.
  • Rappeler à l’enfant que sa parole compte plus que sa « réputation » en ligne — et que rien de tout cela ne le définit.

Un enfant n’affronte jamais la justice seul : ce que la loi prévoit

Le droit israélien a construit un dispositif spécial pour que la procédure protège l’enfant au lieu de l’abîmer : audition adaptée, pas de confrontation avec l’agresseur, soins sans plainte.

Et quand un enfant est en danger dans sa propre famille, la loi fait de nous tous un filet de sécurité : on en parle à un professionnel (118), on ne garde pas ça pour soi.

L’audition protégée

  • Un jeune enfant victime n’est pas interrogé comme un adulte : la loi sur la protection des enfants dans la procédure (חוק לתיקון דיני ראיות (הגנת ילדים), התשט »ו-1955) confie l’audition des jeunes enfants à un enquêteur spécialisé pour enfants (חוקר ילדים), formé pour recueillir la parole sans la fragiliser. C’est cet enquêteur qui décide si l’enfant peut témoigner au tribunal.
  • Les centres Beit Lin (בית לין) réunissent tout sous un même toit : audition adaptée, examen médical, soutien psychologique — pour éviter à l’enfant le commissariat et les couloirs d’hôpital. L’accès se fait sur orientation d’une assistante sociale (via le 118), de la police ou de l’hôpital.
  • L’enfant n’est pas confronté à l’agresseur pendant l’enquête, et peut bénéficier d’un accompagnement médical et psychologique même sans plainte.
  • Les preuves recueillies peuvent être conservées très longtemps — la fiche « Droits et procédures pour les mineurs » du site détaille ces protections.

Le signalement : un filet de sécurité

  • Quand il y a de sérieuses raisons de penser qu’un enfant est maltraité par la personne qui devrait en prendre soin, la loi (חוק העונשין, art. 368ד) demande à chacun d’en parler à un professionnel — travailleur social (118) ou police. Pas besoin de preuves ni de certitude : dire son inquiétude suffit, et le signalement peut rester confidentiel.
  • L’objectif n’est pas de punir une famille : c’est qu’aucun enfant en danger ne reste invisible. En cas d’hésitation, on peut appeler le 118 pour décrire la situation sans donner de noms et demander conseil.

Un accompagnement dédié : le Conseil national pour l’enfance

  • Le Conseil national pour l’enfance (המועצה הלאומית לשלום הילד) gère depuis 1998 un Centre d’aide à l’enfant victime (מרכז הסיוע לילד נפגע עבירה) : il accompagne les mineurs victimes ou témoins d’infractions tout au long de la procédure — préparation à l’audition, présence au tribunal, information des parents. Un soutien précieux, gratuit, trop peu connu des familles francophones — children.org.il.

L’aide juridique

  • Les mineurs victimes peuvent bénéficier de l’aide juridique du ministère de la Justice (הסיוע המשפטי) — l’orientation se fait via les services sociaux, Beit Lin ou le 118.

Numéros utiles — enfants et adolescents

105 — Centre national de protection des enfants et des ados (violence, abus, en ligne et hors ligne) — un jeune peut appeler lui-même

118 — Ligne sociale nationale 24h/24 : enfant en danger, signalement, conseil anonyme

100 — Police, si danger immédiat

1202 (filles/femmes) · 1203 (garçons/hommes) — violences sexuelles, écoute et accompagnement

ERAN jeunes (סה »ר / ער »ן) — détresse émotionnelle des ados : 1201

Beit Lin (בית לין) — centres protégés pour enfants victimes : accès via une assistante sociale (118)

Conseil national pour l’enfance (המועצה לשלום הילד) — accompagnement des mineurs victimes dans la procédure : children.org.il

E.V.A — accompagnement francophone des parents et des jeunes : « Parler en toute discrétion » sur ce site

Lexique

Français Hébreu Phonétique
Enquêteur spécialisé pour enfants חוקר ילדים Hoker yeladim
Centre protégé pour enfants victimes בית לין Beit Lin
Obligation de signalement חובת דיווח Hovat divouah
Conseiller/ère scolaire יועץ/ת חינוכי/ת Yoets/et hinoukhi/t
Psychologue scolaire פסיכולוג/ית חינוכי/ת Psikholog/it hinoukhi/t
Harcèlement (entre élèves) בריונות Brionout
Violence en ligne אלימות ברשת Alimout ba-reshet
Travailleur/se social/e עובד/ת סוציאלי/ת Oved/et sotsiali/t

Fiches pratiques au format PDF

Références

Législation

  • Code pénal, art. 368ד — signalement des atteintes aux mineurs (présentation accessible) — חוק העונשין — חובת דיווח · כל זכות

https://www.kolzchut.org.il/he/דיווח_על_התעללות_בקטינים

Loi sur la protection des enfants dans la procédure (audition par enquêteur spécialisé) : חוק לתיקון דיני ראיות (הגנת ילדים), התשט »ו-1955.

Sites officiels

  • Kol Zchut, « Guide : soins et aide aux enfants et adolescents ayant subi une atteinte » — כל זכות — מדריך לטיפול וסיוע לילדים ונוער שחוו פגיעה

https://www.kolzchut.org.il/he/מדריך_לטיפול_וסיוע_לילדים_ונוער_שחוו_פגיעה

  • Association des centres d’aide (1202), « Centres de protection (Beit Lin) » — איגוד מרכזי הסיוע — מרכזי הגנה (בית לין)

https://1202.org.il/support-and-information/csa/child-protection/

  • Association des centres d’aide (1202), « Comment parler avec l’enfant en cas de soupçon ? » — איגוד מרכזי הסיוע — איך לדבר עם הילד/ה?

https://1202.org.il/support-and-information/csa/how-to-talk-about/

  • Association des centres d’aide (1202), « Centres de soins psychologiques pour mineurs » — איגוד מרכזי הסיוע — מרכזי טיפול נפשי לקטינות וקטינים

https://1202.org.il/support-and-information/csa/therapy/

  • Conseil national pour l’enfance — Centre d’aide à l’enfant victime d’infraction — המועצה הלאומית לשלום הילד — מרכז הסיוע לילד נפגע עבירה

https://www.children.org.il/the-child-victim-assistance-center/

  • Conseil national pour l’enfance — Les droits des enfants — המועצה הלאומית לשלום הילד — זכויות ילדים וילדות

https://www.children.org.il/childrens-rights/